Le dossier noir des énergies vertes : la réponse de TREC France

1086_cov_3 Au mois de mars 2008, Science et Vie publiait le "Dossier Noir des énergies Vertes", un dossier pessimiste, sinon très noir :  "Des énergies vertes qui couvriraient la quasi-totalité de nos besoins énergétiques ? Il ne faut pas y compter ! Car les renouvelables affichent bien trop de handicaps pour relever le défi. Démonstration, chiffres à l'appui"... Sachant que,  pour parer aux menaces du réchauffement climatique, "la feuille de route de l'humanité consiste, en l'espace d'une génération, à produire 60 % d'énergie en plus... tout en émettant 15 % de carbone en moins"...

Voici le courrier adressé par TREC-France, antenne française récemment créée du réseau international TREC (Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation - voir notre note) à la rédaction de Science  et Vie  :

A la suite de la lecture du dossier noir sur les énergies vertes paru dans le Science et Vie n°1086 de Mars 2008, le groupe TREC-France (http://trec-france.org) a souhaité réagir afin de compléter le panorama dressé sur les énergies renouvelables. Votre article met le doigt sur de réels problèmes liés au déploiement massif de certaines filières de production d'électricité d'origine renouvelable. Mais cette étude passe sous silence, certainement par méconnaissance, le potentiel du couplage de trois technologies:  

  • Le solaire à concentration thermodynamique : d'un point de vue purement théorique (il est en effet préférable de miser sur un mix énergétique diversifié que sur un seul type d'énergie : éolien + solaire + géothermie + biomasse + efficacité énergétique etc.), un réseau de centrales CSP occupant une surface équivalente à 1% de la surface du Sahara (insolation directe de 2700 kWh/m2.an) est suffisant pour répondre à la totalité de la demande mondiale en électricité, ceci a un coût compétitif voire inférieur aux énergies fossiles et au nucléaire. (Voir à ce sujet les rapports de l'AIE, de la banque mondiale, de la Commission européenne, de la DLR allemande, du CIEMAT espagnol, du CNRS etc.
  • Le stockage de la chaleur pour une production électrique continue jour et nuit (sels fondus etc.) : le système de stockage a été testé avec succès aux USA (centrale Solar Two par exemple) et la centrale espagnole ANDASOL 1, dont la construction s'achève en ce moment a un dispositif de stockage sels fondus permettant une autonomie de 8 heures; voir également la technologie déployée par l'entreprise australienne Lloyd Energy (technologie à base de graphite) ;
  • Le transfert électrique sur de longues distances par câbles HVDC (High Voltage Direct     Current) permettant d'avoir de très faibles pertes (3% de perte pour 1000km), ceci pour un surcoût presque négligeable de 0,5 centimes d'euros par kWh CSP produit dans le Sahara et consommé en Europe selon Gunnav Asplund du groupe ABB, l'un des leaders mondiaux de l'HVDC.  

Ces 3 technologies matures et déployables en masse dès aujourd'hui permettent de répondre à la plupart des critiques virulentes portées aux filières ENR traditionnelles : intermittence, régularité, surface disponible, centrales en stand by, pénétration sur le réseau, stabilité et surtout coût. Une réponse plus détaillée aux principales accusations de l'article est jointe à ce courrier. Pour plus de détails sur cette technologie, nous invitons la rédaction de Science & Vie ainsi que ses lecteurs à consulter par exemple le site Objectif Terre ( http://objectifterre.over-blog.org) et à s'intéresser de plus prêt au concept DESERTEC développé par la TREC (Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation : http://www.desertec.org).  

Pour les experts de la banque mondiale, le solaire à concentration est la seule technologie propre qui a le potentiel de rivaliser dans un futur proche avec les énergies sales comme le charbon. De nombreux responsables d' entreprises de premier plan se lancent actuellement dans cette filière, compte-tenu de son énorme potentiel. C'est le cas par exemple de Larry Page et de Sergey Brin, fondateurs de Google qui investissent massivement dans la start-up eSolar, ainsi que de Vinod Khosla, cofondateur de SunMicrosystems, via l'entreprise australo-américaine Ausra. Le magazine Scientific American vient d'ailleurs de publier il y a quelques mois un excellent article intitulé "A solar Grand Plan où trois scientifiques de premier plan, Ken Zweibel, James Mason and Vasilis Fthenakis, démontrent qu'il est tout à fait réaliste sur le plan technique et financier d'envisager une production électrique à 70% d'origine solaire (CSP et PV) aux USA à horizon 2050. Les auteurs concluent : "The greatest obstacle to implementing a renewable     (...) energy system is not technology or money, however. It is the lack of public awareness that solar power is a practical alternative—and one that can fuel transportation as well."  

Puisse le magazine Science & Vie participer à cette prise de conscience : un article sur le solaire concentré publié dans ce magazine de premier plan dans le monde francophone serait certainement un très bon complément à ce dossier très noir afin de redonner une belle couleur réaliste aux ENR et du moral à vos lecteurs, moral fondé sur des données scientifiques, techniques et financières solides. Le réseau TREC-France reste à votre disposition pour toute demande d'informations complémentaires sur la filière solaire thermodynamique.

Pour le réseau TREC-France, Mathieu Vrinat


NB : Pour lire les notes additionnelles, rendez-vous sur le site de TREC-France